search
top

Maximiser ou se satisfaire ?

 

Tous les jours nous sommes confrontés à des choix de toute sortes, qui ont inévitablement un aspect monétaire, qu’il soit direct ou indirect. Et comme on l’expliquait précédemment, notre temps est beaucoup trop précieux pour le passer à gagner de l’argent… qui sera gaspillé!

 

Il faut donc établir des stratégies qui seront économiques, mais également qui auront un impact positif sur notre bonheur. La plupart du temps on développe ces stratégies un peu au hasard, selon nos expériences de vie. Mais, pourquoi réinventer la roue? On peut aussi s’intéresser au travail d’experts et, avec un peu de chance, éviter quelques coûteuses erreurs en cour de route!

 

Il y a plusieurs études portant sur le comportement humain et les processus décisionnels regroupées sous les rubriques de finance comportementale, économie comportementale ou encore, notre préféré, psychologie financière.

 

Ce sujet suscite beaucoup d’intérêt entre autres parce qu’il permet de mieux comprendre le fonctionnement de la psyché… mais aussi parce que ces études permettent aux entreprises de peaufiner leur stratégies de vente!  Vaut mieux donc connaitre les études dont les entreprises s’inspirent pour établir leurs stratégies, question de pouvoir prendre nos décisions en connaissance de cause et d’éviter les attrapes!

 

Un ami lecteur m’a fait parvenir cette étude intéressante portant sur les stratégies de consommation et leurs impacts sur le bonheur:

Maximizing Versus Satisficing: Happiness Is a Matter of Choice

 

 

L’humain étant difficile à étudier, il faut évidemment prendre toutes les études avec un grain de sel. Cela étant dit, ne boudons pas notre plaisir, plongeons un peu dans cette dernière!

 

Cette étude porte plus particulièrement sur les stratégies utilisées lorsqu’il y a une surabondance de choix. Lorsqu’il y a trop d’options pour pouvoir raisonnablement les considérer toutes, comment les gens procèdent-t-ils pour faire un choix?

 

Les chercheurs mettent en opposition deux façons de choisir:

  1. Étudier tous les choix possibles et prendre la meilleure décision possible. Le choix purement rationnel, qui suppose évidement que l’on a accès à la meilleure information possible. OU
  2. Étudier un nombre limité de choix, prendre le meilleur, et s’en satisfaire, à moins qu’une meilleure opportunité croise notre route dans le futur. Moment où l’on pourra décider, ou non, de changer notre choix.

 

Chose amusante, je connaissais déjà ce problème décrit d’un point de vue mathématique, cette fois, dans un contexte humoristique portant sur la stratégie optimale pour choisir un conjoint. Évidemment, lorsqu’on parle de choisir un conjoint, le concept de se satisfaire, quitte à changer lorsqu’un meilleur choix se présente, peut porter flanc à la critique… mais pour des choix plus anodins, téléviseur, restaurant, téléphone portable ou plan internet, pas de scrupule, cette stratégie peut très bien fonctionner!

 

Toujours est-il que, dans cette étude, les chercheurs ne s’intéressaient pas autant à la qualité du choix final pour chaque stratégie (est-ce que les gens finissent avec un meilleur achat pour leur argent) mais plutôt au bien-être psychologique qui découle de chaque méthode

 

Or, surprise, il semblerait les deux approches ne sont pas égales! Le fait de chercher à maximiser semble être corrélé avec une plus forte tendance à avoir des regrets. On l’associe même aux tendances dépressives!

 

En effet, lorsqu’il y a trop de choix, il est impossible d’étudier chacun des choix à sa juste valeur, et les maximiseurs restent avec l’impression qu’un meilleur choix n’était peut-être qu’à une recherche supplémentaire près. Qu’attendre leur aurait peut-être permis de mieux choisir. Bref, puisqu’ils ne peuvent être certains qu’ils ont fait le meilleur choix possible, ils ne peuvent qu’être éternellement insatisfaits de leur décision… qu’ils aient pris la meilleure décision possible ou non!

 

Les gens qui cherchent à se satisfaire n’ont pas à vivre avec de telles conséquences. Ils font leurs choix dans le but de combler leurs besoins. Alors, peu importe si d’autres options auraient pu au final être encore mieux, ils sont satisfaits d’avoir fait un choix qui répond à leurs critères. Au pire se disent-ils, ils pourront toujours changer lorsqu’ils jugeront que cela en vaut la peine! Évidement ils risquent d’être confrontés par la suite à de bien meilleurs choix sans possibilité de changer, ou d’amis avec des choix plus rutilants qu’eux pour le même prix (ou non). Mais il semblerait que les côtés négatifs de cette approche soit moindre.

 

Donc, pour maximiser votre bonheur vaudrait mieux se satisfaire en optant pour la deuxième approche aux décisions…ou peut-être votre propre création hybride des deux.

 

Bon, va pour le côté psychologique de la chose. Mais si vous êtes obsédés par maximiser votre choix. Y-a-t-il une bonne solution?

 

D’un point de vue purement mathématique, on peut étudier le problème mieux connus sous le nom de ‘Problème de la secrétaire’. Qu’on pourrait renommer de façon moins sexiste ‘Problème du recrutement d’employé’.

 

En fait, presque le même problème que la sélection d’un conjoint optimale auquel on faisait mention en début d’article. J’en ai retrouvé une analyse intéressante sur le site Mathpages.

 

Alors, heureusement pour nous, les mathématiques viennent à notre rescousse!

 

Il est à noter que  le conseil de prendre une approche purement mathématique à un problème de la vie courante, est également à prendre avec un grain de sel!

 

En effet, on peut calculer comment maximiser l’espérance de qualité pour choisir la meilleure stratégie pour maximiser statistiquement la valeur de son choix. Pas de garantie d’avoir le meilleur, mais on maximise nos chances de faire le presque meilleur choix possible, et ce le plus rapidement possible! Ce qui nous permettra de passer le plus de temps possible avec la presque meilleure personne possible! (Ici Mme RR ajoute que M RR est la meilleure personne possible pour Mme RR J)

 

Vous me suivez?

 

Le problème, tel que présenté, est le suivant :

Si vous évaluez une série de partenaires possibles, un à la fois sans possibilité de revenir en arrière, et décidez, à chaque fois, si vous retenez la personne ou non. De quelle façon devez-vous procéder pour espérer avoir le meilleur partenaire possible sans  vous éterniser dans la recherche. Et sans vous rendre compte, au final, que vous avez laissé passer de meilleurs candidats en espérant trouver encore meilleur?

 

Il y a, encore une fois, deux approches au problème, soit :

  1. Maximiser les chances de finir avec le partenaire idéal.
  2. Maximiser les chances de finir avec le partenaire quasi-idéal.

 

Donc on évalue la qualité du choix final en terme de probabilité, donc il est question ici d’augmenter ses chances, pas de garantir un résultat.

 

Et la meilleure stratégie? C’est de considérer, un à un les X premiers choix, en les refusant tous. D’établir quel était le meilleur choix parmi ce groupe, puis continuer à considérer des options jusqu’à ce que l’on tombe sur un choix d’au moins aussi bonne qualité que le meilleur choix du premier groupe.

 

La valeur de X dépend du nombre de candidats que l’on pense pouvoir évaluer.  Le premier groupe donc, ne sert qu’à établir une limite inférieure de qualité. En procédant ainsi, vous avez une espérance fort élevée de vous en sortir avec un choix de bonne qualité.

 

Le plus surprenant, c’est que le nombre de candidats à évaluer-rejeter pour établir le barème de qualité est très bas.

 

Si vous rencontrez 8 candidats, il suffit de rejeter les 3 premiers choix pour maximiser les chances que le prochain meilleur soit le choix idéal (Approche A). Si vous voulez maximiser la valeur finale probable (Approche B) de votre choix, suffit de rejeter que le premier! Si vous pensez en rencontrer 100, il faut évaluer et rejeter les 33 premiers pour maximiser ses chances de finir avec le candidat idéal, et seulement 9 si votre but est de maximiser la valeur du candidat final.

 

Évidemment, il faut avoir le courage de refuser ce qui semble être un candidat idéal dans l’espoir de trouver mieux au final!  Et ce au risque, dans le cas de recherche amoureuse, de finir seul. Surtout que, dans le cas d’un partenaire, encore faudrait-il être capable d’évaluer de façon objective et constante la valeur d’un candidat comparé aux autres (pas une mince tâche!)

 

Au final, une question tout de même demeure… maximiser ou se satisfaire, est-ce que c’est un trait de caractère? Une tendance avec laquelle on naît, ou peut-on sciemment décider de notre  stratégie face au choix et y adhérer pleinement sans regrets?

 

Si vous êtes un maximiseur, il est à tout le moins possible de rationaliser une approche hybride de la chose en vous fiant aux mathématiques pour assouvir vos incertitudes. Rien ne dit que vous n’aurez pas des sursauts de doutes au milieu de la nuit sur l’existence possible d’une meilleure option que vous ne connaitrez jamais.

 

Mais au final, être conscient des pours et des contres de différentes stratégies d’achat est une arme de plus à notre arsenal de bon consommateur.

 

De votre côté, vous êtes un maximiseur, un sastisfaiseur? Pensez-vous que vous pourriez changer de l’un à l’autre? Quel est l’impact de votre façon de procéder sur votre bonheur?

 

Et pour les plus enclins en mathématique, est-ce que l’approche théorique vous parle? Est-ce que l’idée de maximiser l’espérance mathématique d’un choix fait votre bonheur, ou c’est tellement abstrait qu’il est impossible d’en tirer une quelconque satisfaction dans le réel?

 

 

 

Les commentaires sont fermés.

top