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Philosophie et l’argent

 

Comme j’explore le minimalisme (de façon superficielle) ce mois-ci, c’est aussi un peu l’occasion de réfléchir à la relation que j’entretiens avec l’argent et les choses matérielles…

 

L’argent, pris hors contexte, n’a pas de valeur.

 

On ne peut pas manger un billet de banque et le chiffre qui représente la valeur du contenu d’un compte de banque est une idée somme toute assez théorique…C’est son échange potentiel contre des biens et services (ou la promesse d’encore plus d’argent lorsqu’on l’investi) qui confère à l’argent sa valeur.

 

L’utilisation qu’on en fait est donc déterminante dans le rôle de l’argent dans nos vies.

 

On peut le considérer comme quelque chose à échanger le plus vite possible pour maximiser son bonheur immédiat, mais on peut aussi le considérer comme un atout qui nous permet de satisfaire nos besoins immédiats tout en maximisant notre bonheur au fil du temps. Chez les Riche Relax, on cherche avant tout à optimiser notre bien-être au quotidien, sans compromettre notre bonheur sur le long-terme.

 

Il faut bien songer à notre relation aux avoirs et aux luxes immédiats que l’argent peut nous apporter. Et cela va bien au-delà de la simplicité volontaire ou du minimalisme !  Évidemment, je ne suis vraiment pas le premier à réfléchir à mon rapport à l’argent et aux contraintes qui viennent avec! Beaucoup de gens ont eu l’occasion de réfléchir à l’existence avant moi, et comme l’argent existe depuis belle lurette, on a eu le temps de trier un peu les idées, diviser ça en courants idéologiques et tout.

 

J’ai donc décidé de faire quelques recherches sur les différentes philosophies de l’argent et des avoirs, question d’alimenter ma réflexion, et peut-être la vôtre!

 

Pour commencer, allons voir chez les Grecs!

 

 

Le Cynisme

Ecureuil_CyniqueUn premier exemple de philosophie de l’argent nous vient de Dyogène, un cynique.

 

Le Cynisme, non pas dans sa signification actuelle, mais dans sa signification grecque, est une philosophie qui tend vers la simplicité. Au centre de la philosophie cynique se trouve l’idée d’autosuffisance. Le sage est donc celui qui est capable de se contenter du minimum, de manière à ne souffrir d’aucun manque et de pouvoir aisément faire face aux situations les plus difficiles, vu ses besoins restreints.

 

Le cynique moderne fera remarquer que le concept de minimum est relatif! Il est plus facile de se contenter d’un minimum de riche que d’un minimum de pauvre. Ou encore, que c’est préférable d’avoir le luxe d’essayer de se contenter du minimum pauvre, juste pour l’essayer, sans y être contraint. Mais, si l’on fait abstraction des injustices sociales, le concept ne manque pas d’intérêt. Après tout, si on minimise nos dépenses sur des biens de luxe, on ne s’habitue pas à un mode de vie dispendieux ce qui permet d’économiser en prévision de jours plus difficiles ou des jours à la retraite!

 

Disons que le cynisme c’est l’ancêtre de la simplicité volontaire! C’est une philosophie qui est marquante à sa façon, surtout que son représentant le plus connu, Diogène, était plutôt drastique dans son approche. Bien des anecdotes et légendes circule à son égard, on dit qu’il se contentait du strict minimum et qu’il dormait même dehors, dans une grande jarre. Plus facile à faire en Grèce qu’au Canada, mais bon. On le représente d’ailleurs souvent de façon humoristique installé dans ou même habillé d’un tonneau.

 

L’une des forces du cynisme est le détachement total des choses, comme l’illustre l’histoire suivante de Diogène :

Un homme riche aurait offert à Diogène n’importe quoi qu’il puisse désirer.

Offre auquel Diogène aurait répondu: Ôte-toi de mon soleil !

Une indépendance qui force tout de même le respect! On imagine qu’un tel homme serait difficilement corruptible…Si seulement plus de personnes sur la planète étaient de vrais cyniques!

 

Le Stoicisme

Ecureuil_StoiqueSi l’on se fie aux gens qui ont étudié la chose de près, le cynisme à le mérite d’avoir inspiré d’autres philosophies, dont le Stoicisme, une vision qui, comme tout bon dérivé, est drastiquement en désaccord sur plusieurs points avec son inspiration.

 

Comme le cynisme, le stoïcisme prêche le détachement des choses et des plaisirs mais ses buts et ses moyens diffèrent.

 

Selon Wikipedia :

Pour vivre heureux et libre, selon les stoïciens, il ne faut pas lutter en vain contre ce qui ne dépend pas de nous, mais au contraire l’accepter et nous abstenir des vices et passions qui nous y exposent. Le stoïcisme est donc un eudémonisme basé sur la tempérance et le détachement qui part du postulat que ce qui trouble les hommes ce ne sont pas les choses mais les opinions qu’ils en ont.

À cette fin, le stoïcisme exhorte à la pratique d’exercices de préparation aux difficultés et de méditation conduisant à vivre en accord avec la nature grâce à la raison (assimilée à la connaissance scientifique). L’objectif est de parvenir à l’ataraxie (absence de trouble) grâce à l’apatheia (absence de passions), conditions pour accéder à la sagesse et au bonheur.

 

Je trouve toujours amusant comment je commence à lire une telle description, très ouvert d’esprit…

Heureux et Libre! Super!

Ne pas lutter en vain contre ce qui ne dépend pas de nous? Tout à fait.

S’abstenir des vices et passions qui nous y exposent?  Mmmm….

Viser l’absence de passions?  Euh, minute!

À peu de chose près, le stoïcisme revient à faire des exercices pour se préparer mentalement au pire et promet le bonheur à ceux qui arrêtent de s’intéresser aux choses et s’abstiennent des plaisirs terrestres…

 

OK j’exagère un brin…Il y a des aspects intéressants sur le détachement de ce qui est hors de notre contrôle, et j’avoue que, de ce côté, j’ai des tendances stoïques à mes heures. Parcontre, je trouve toujours une certaine dose de lâcheté dans l’idée de se détacher des choses pour éviter les souffrances. Je préfère embrasser l’existence et profiter du positif, même si il y a parfois un prix à payer pour vivre sa vie pleinement!

 

Évidement, ici on ne parle que de la définition de base du stoïcisme, et comme toute bonne philosophie sérieuse, le stoïcisme avait des implications dans toutes les sphères de l’existence. Avec une approche propre de la physique, de la logique, de la vertu et de l’éthique. Elle possède ses propres théories de début du monde (ici l’éternel recommencement).  Autrement dit, les Grecs prenaient la chose très au sérieux!

 

Mais ce qui nous intéresse c’est le stoïque face à l’argent

Comme pour le cynique, l’argent pour le stoïque est classé dans la catégorie globale des possessions physiques. Ce qui n’est pas exactement faux. Effectivement, une fois que l’on accumule de l’argent, on a plus à perdre que si on n’en avait pas accumulé… Est-ce que je trouve que cela m’empêche de profiter de la vie? Je suis peut-être inconscient, mais je ne m’inquiète pas outre mesure de mon argent en banque. Je serais déçu s’il disparaissait, mais le prospect de pouvoir vivre libre comme un citoyen grecque (l’argent remplaçant ici les esclaves, une chose qui pose moins de problèmes éthiques), n’est en soi pas une idée désagréable…

 

 

Épicurisme

Ecureuil_EpicurienL’épicurisme professe que pour éviter la souffrance il faut éviter les sources de plaisir qui sont ni naturelles, ni nécessaires. Il ne prône donc nullement la recherche effrénée du plaisir, comme beaucoup le pensent à tort. L’épicurisme propose un idéal de bonheur individuel et une vision du monde où ni les dieux, ni même la mort ne sont à craindre, car si tout l’univers est composé d’atomes éternels et indestructibles, l’homme ne doit rien à l’initiative des Dieux.

 

Quand même pas mal! Certaines de ces idées s’approchent davantage de la science moderne.

 

Mais bon, on s’éloigne un peu de la vision de l’argent et des avoirs. De ce côté, les épicuriens se simplifient quand même la tâche. Ils peuvent entretenir leur vision du monde en se restreignant au monde accessible, donc pas besoin de se mêler les pinceaux sur des vérités inaccessibles (les dieux et la vie après la mort). Pas de fortunes perdues à construire des temples Égyptiens ou versés dans les coffres des religions suspectes qui vous promettent d’être sauvé de la fin du monde par un dieu ou un extra-terrestre!

 

En fait l’épicurisme devient très populaire, car il est simple, facile d’accès, fait la promotion du bonheur individuel, n’a pas de dogme secret réservé aux élus et, chose inhabituelle, est ouvert aux femmes. Bref, une philosophie très moderne ayant un bon potentiel de marketing et libérateur d’un point de vue personnel.

 

On pourrait dire que cette idée reflète la réalité actuelle, quoi qu’un peu déformée. Pour ma part j’aime bien cette philosophie, du moins dans son apparence. Il n’y a qu’une vie, vivons-la au mieux de nos capacités, sans s’imposer d’inutiles souffrances, mais en profitant des plaisirs lorsqu’on le peut. Tout en le faisant de façon modérée.

 

Il existe encore plusieurs autres vues sur la chose économique et la vie chez les grecques. Je suis tombé sur cet article qui relate la vision complexe d’Artistote sur l’économie et l’argent, j’invite ceux que ça intéresse d’aller lire comme c’est bien plus détaillé que ce que je pourrais écrire sur le sujet.

 

 

Pour conclure

Évidemment, la réalité grecque de l’époque diffère beaucoup de la réalité présente, d’autant plus que les citoyens, philosophes ou non, profitaient largement de l’esclavagisme normal de l’époque. Mais comme je ne suis pas un expert ni en histoire, ni en philosophie je fais sûrement une interprétation hérétique de la chose. Mais pour le moment, restons-en là !

 

On peut quand même se réjouir que nous ne sommes pas les premiers à réfléchir à la meilleure façon de mener son existence. Cela prouve que ce n’est pas une tâche simple, ni un problème résolu. Mais aussi que l’humain en général, aspire depuis des lustres à une existence paisible et heureuse (ou Riche et Relax) du moins une partie d’entre nous 🙂

 

On peut alors emprunter des segments de chacune de ces philosophies, sans se soucier de leurs contradictions fondamentales à certains égards. Comme on n’essaie pas ici de trouver un système qui explique le monde, mais simplement une meilleure façon de penser à l’argent afin d’être le plus heureux possible. La deuxième tâche étant complexe, mais quand même beaucoup plus simple que la première.

 

Et vous, quel est votre rapport aux choses ?

À quelle philosophie de l’argent vous rattachez vous ?

 

 

2 Responses to “Philosophie et l’argent”

  1. Orly dit :

    Bonjour,
    C’est bien vrai que ce sont nos actes qui déterminent le rôle de l’argent ! Il ne fait certes pas le bonheur, mais il y contribue 🙂

    • Le problème c’est que plus on en ajoute, moins le dollar additionnel lui influe sur notre bonheur. Passé un certain montant, je vois mal ce que cela pourrait réellement rapporter.

      Alors comme dans tout, vaut mieux prôner la modération 🙂

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